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lundi 16 mars 2009

Sur Les 7 du Québec: L’assouplissement quantitatif

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Les 7 du Québec


Ce texte a été publié sur Les 7 du Québec le 17 mars 2009

L’assouplissement quantitatif


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(Un milliard de dollars en coupure de 100$)

L’assouplissement quantitatif. Nous entrons dans un nouveau jargon, un nouveau langage, que les habitants de la planète financière parlent. Il s’agit du banco-langage. Des termes à la résonance cognitive douteuse qui décrivent une réalité virtuelle. L’assouplissement quantitatif.

J’imagine que c’est le seul terme valable lorsque vous voulez faire croire que vous avez plus d’argent que la réalité. Selon Wikipedia, l’assouplissement quantitatif est la création d’argent ex-nihilo par une banque centrale, et son injection dans le système bancaire.

Ce n’est pas aussi directement déviant au point qu’on imprime des tonnes de billets de banque, bien que cela se fasse. Dans cet âge électronique, lorsque la Banque d’Angleterre ou la Fed veulent quantitativement assouplir les choses, ils font simplement un transfert électronique à eux-mêmes. Les hommes cravatés ne font que pousser sur quelques boutons et se disent qu’ils ont quelques milliards de plus qu’ils pensaient. Ceci est l’équivalent bancaire de prétendre que vous venez de trouver un billet de 20$ et que vous vous faites venir un gros club sandwich pour célébrer, sur la base que que ne serez pas capable de payer lorsqu’il arrive, mais étant dans un joyeux esprit d’attente. Seulement que les banquiers peuvent penser que c’est raisonnable. C’est ce qu’ils font en finançant leur propre dette, ils monétisent leurs dettes.

Ce nouveau terme n’est qu’un parmi des dizaines de termes d’un nouveau lexique dont nous ignorons encore tous la signification. Vous vous rendez compte que vous n’êtes plus en train de parler un langage connu lorsque vous entendez les gens déblatérer des mots comme commodity swaps, credit default swaps, stratégies d’arbitrage sur la structure du capital, système fractionnaire bancaire, contango, corrélation, sécurité hybride, option à barrière activante, option quanto, test de stress, thêta, valeur d’un point de base et exposition maximale dérivée d’ajustement aléatoire. Pour vous dire vrai, je viens d’inventer le dernier terme. J’entre dans ce délire de faire-croire virtuel.

Le nouveau langage latin que personne de la plèbe ne comprend, le banco-langage. J’ai essayé d’appliquer les nouvelles règles à mes propres affaires. J’ai appelé ma banque la semaine passée et je leur ai dit que contrairement à leur données, j’ai un bonus de quatre ans sans pénalité à effet saisonnier et non trois, ayant tout juste injecté une année de plus dans le système pour assouplir quantitativement ma prime quanto question de faire un test de stress thêta. Ils ont refusé de réduire mes coûts de renouvellement. Mais je travail encore sur ce dossier.

Pendant ce temps, perdu dans ce brouillard sémantique, les médias et les politiciens refusent de vous parler de l’élément le plus important de la prochaine phase de la crise financière. Les contrats du marché des produits dérivés totalisent environ 700 000 milliards de dollars (700 000 000 000 000$) selon la Banque des règlements internationaux (BRI) ou Bank for International Settlements (BIS) en anglais).

Pour vous donner une idée de grandeur et vous mettre ce chiffre en perspective, la crise du marché de l’hypothèque résidentiel (subprime) était au plus de 23 000$ milliards aux États-Unis. Nous nous échinons avec ces plans de sauvetage pour sauver les marchés boursiers, mais il n’est évalué qu’à un peu moins de 15 000$ milliards au total, aux États-Unis encore. Le PIB de ce dernier est de 14 200$ milliards. La valeur totale de tous les marchés boursiers du monde ne dépassent pas les 50 000$ milliards, selon la World Federation of Exchanges.

La bulle des produits dérivés qui est en train d’éclater et qui va prendre toute son ampleur cette année et en 2010, celle du papier commercial bancaire, des fonds de couvertures, est de l’ordre de 700 000 milliards de dollars. (Source)

Maintenant, la photo ci-bas représente 1000 milliards de dollars en coupures de 100$. Avez-vous vu la taille d’un humain, dans le coin à gauche, en tout petit? Maintenant, multipliez cela par 700. Ceci devrait vous donner une idée de l’ordre de grandeur des chiffres dont nous parlons ici.

Voilà l’éléphant dans le coin du salon que tout le monde refuse de voir.

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