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mardi 3 février 2009

Sur Les 7 du Québec: Les troupes du Capitalisme

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Les 7 du Québec


Ce texte a été publié sur Les 7 du Québec le 3 février 2009


Les troupes du Capitalisme


Le capitalisme qui contrôle notre société consiste d'abord en ceux qui créent à volonté, distribuent à leur guise et possèdent à leur discrétion la richesse virtuelle, elle-même symbolique de TOUTE richesse. Au centre du Système, il y a donc les organismes qui permettent ces opérations: le Fond monétaire international (FMI), les banques centrales - comme la Banque du Canada, les Caisses de dépôts - comme celle du Québec, les banques commerciales, les sociétés d'assurance et de fiducie ... et les Ministères des finances des États, ceux qui assurent l'interface avec le pseudo pouvoir démocratique et lui transmettent les directives du vrai Pouvoir.

Ce centre du Système est géré par des administrateurs, mal connus du public,pour le compte d'une élite mondiale de possédants anonymes. Parmi ceux-ci - ou peut-être seulement au service de ceux-ci - quelques figures emblématiques jouent le rôle de paratonnerres contre la vindicte populaire. Aujourd'hui c'est Bill Gates, mais avant ce fut Howard Hugues, les Rothschild... ou - sans les consulter, quand la foudre est sur le point frapper - des boucs émissaires: "les cheiks arables"... " les Juifs"...

Le pouvoir quasi-parfait de l'alliance dominante repose sur une richesse électronique qui est créée et distribuée par un réseau d'institutions et de mécanismes financiers dont l'informatique est l'outil. Ceux qui gèrent ce réseau sont au véritable centre du Pouvoir.

Le Système, toutefois, est tout aussi dépendant d'un CONSENSUS quant à la valeur de l'argent virtuel et quant à la légitimité du paiement d'intérêts. L'autre grande innovation du système néo-libéral, aussi indispensable que l'argent électronique, a été l'essor fabuleux des moyens de contrôle de l'opinion publique.

Hier, on stigmatisait le viol des foules. Aujourd'hui, les foules n'ont plus à être violées: elles sont en état d'hypnose et séduites à merci. Discrètement, la psychosociologie est devenue une science exacte; on sait, désormais ce qui doit être dit pour obtenir l'adhésion ou susciter la répulsion. Le "politically correct" n'est que la queue de la comète "propagande", comme la publicité commerciale n'en est que l'aspect anodin. La véritable manipulation est politique.

La manipulation politique commence par un système d'éducation qui ne véhicule que les valeurs dites "néo-libérales". Le citoyen, émasculé dès l'école de tout esprit critique, est ensuite suivi par un réseau de médias et d'agents culturels qui lui redisent ce qui est bien et ce qui est mal et, surtout, qui lui impose, avec toutes les ressources subliminales dont dispose la technique moderne, la conviction que l'argent EST la richesse et vaut bien ce qu'on nous dit qu'il vaut.

"Voici un dollar, il vaut un rouble", disaient les Soviets et les Russes mangeaient mal - mais tous les jours - des choux et des betteraves qui valaient quelques cents. "Voici un dollar, il vaut 5 000 roubles" - disent les nouveaux proconsuls en Russie de l'alliance dominante... et les Russes ne mangent plus tous les jours, leur espérance de vie a diminué de 6 ans, le banditisme gère le pays. Pourtant, les champs n'ont pas bougé, les usines sont toujours là, même si désormais en voie de perdition; on a seulement changé la notation électronique de 200 000 000 d'individus. Un nouveau consensus s'est établi quant à la valeur de l'argent, consensus qui sert mieux les intérêts de l'alliance dominante.

Tout à la dévotion de l'alliance dominante, on trouve les commandos du consensus: les éducateurs, les communicateurs, les experts en relations publiques, les leaders religieux et les moralistes, les artistes "corrects" qui suivent les directives et maintiennent l'état d'hypnose collective de la population dont Orwell nous avait prévenu et qui est nécessaire au consensus.

Certains sont conscients et responsables de façonner l'image de la réalité qui convient à l'alliance dominante, mais la majorité de ceux qui collaborent à cette oeuvre en sont inconscients. Il réagissent comme on sait qu'ils réagiront aux impulsions qu'on leur transmet: on montre du sang, ils pleurent; on montre du fric, ils se courbent .

Plus conscients et donc mieux rémunérés, on trouve au sein du pouvoir et à son service, les mercenaires qui assurent le fonctionnement et la protection du système. Ils se divisent en trois classes d'importance inégale.

D'abord, les juristes, lesquels ont pour double mission: a) assurer la légitimité du Système, en créant et en justifiant les normes ingénieuses qui permettent à chaque individu et à toutes les alliances de tirer de la société tout ce que leur pouvoir respectif les autorise à en tirer, et b) arbitrer les différends entre les membres des alliances, au divers paliers, quand le rapport des forces n'est pas évident et qu'un recours à la violence serait à craindre au détriment de la stabilité du Système.

Ensuite, les économistes, ceux qui manipulent les conditions de l'échange sous toute ses formes. Ce sont les comptables, les fiscalistes, les courtiers, ceux qui font fonctionner les bourses - où se négocient les enjeux virtuels, donc importants - et les marchés de produits tangibles, dont les transactions servent de faire valoir aux opérations boursières.

Enfin, les militaires, les policiers et tous ceux qui portent un fusil. Dans les marches du royaume, au tiers-monde, cette classe de collaborateurs du Système joue un rôle primordial; au siège social de l'alliance dominante - dans notre civilisation occidentale - son triple rôle, moins visible, est néanmoins important. Ce triple rôle consiste: a) faire rentrer dans le rang - ou à faire disparaître - ceux sur qui l'hypnose collective ne prend pas ou qui ne jouent pas le jeu avec civilité..., b) à rappeler par sa seule présence qu'il y eut un temps où la force s'exerçait moins subtilement et donc qu'il vaut mieux se soumettre..., et c) à mener la "guerre" contre la drogue.

Cette guerre contre la drogue a pour premier but évident de percevoir de deux classes faibles - les narcomanes et les victimes des vols servant à payer la drogue - une masse monétaire non négligeable qui finit, comme tout autre argent, dans les goussets de l'alliance dominante, mais elle a aussi un autre objectif plus insidieux. Cet autre objectif est de canaliser la violence et l'initiative de ceux dans notre société qui, animés d'un esprit libertaire, auraient pu devenir en d'autres temps les leaders d'une révolution.

La rentabilité du trafic de la drogue et l'accès au pouvoir qu'il permet attirent ces individus "exceptionnels", éduqués dès l'enfance à préférer leur succès personnel à celui d'une cause collective. Trafiquants plutôt que rebelles, ils cessent d'être un danger réel pour la stabilité du Système.

Si on voulait montrer le Système sous la forme d'un calvaire baroque, on verrait un Capitaliste sans visage, exalté sur un trône entre son Comptable et son Avocat, confiant son Banquier à la garde du Politicien, pendant que quelques soldats et policiers rigolent et que des trafiquants jouent aux dés à l'arrière-plan. Des magiciens et des jongleurs s'agitent, cachant la scène aux multitudes qui travaillent, souffrent, meurent de faim sans rien voir...

Par: Pierre JC Allard
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