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mardi 1 avril 2008

L’illusion du biocarburant

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L’illusion du biocarburant


Par Jimmy St-Gelais, le 1er avril 2008

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La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

L'illusion du biocarburant
photo : BinaryApe (Flickr)


Cet article a paru le 31 mars 2008 dans le journal “Le Devoir”.

Le pétrole fossile va manquer d’ici 45 ans, selon Jean-Marie Chevalier, professeur à l’université Paris-Dauphine où il dirige le Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP). Alors, on se tourne vers la recherche de sources équivalentes de carburants au lieu d’investir dans le développement d’énergies propres et renouvelables.

En Amérique latine, on favorise l’exploitation de terres agricoles pour la production de biocombustibles à base de maïs, de soja, de blé ou de cannes à sucre. On détourne alors les denrées de la satisfaction alimentaire de millions de pauvres gens des pays en voie de développement ou sous-développés pour faire rouler les voitures énergivores des riches locaux et des citoyens occidentaux. Le président américain G.W. Bush s’est déjà montré favorable à cette industrie.

Pis encore. Une compagnie de recherche forestière du Québec, FPInnovations, travaille sur un procédé qui transformerait la matière ligneuse en carburant raffinable, comme si la forêt québécoise n’était pas déjà assez délabrée. Pourtant, on annonce clairement au Québec que les coupes de qualité se font de plus en plus rares, particulièrement pour les feuillus, et le forestier en chef a imposé une réduction de l’exploitation pouvant atteindre 33% dans certaines régions pour les cinq prochaines années. Tant qu’à tout raser le Québec, allons-y jusqu’au bout.

Si le biocarburant prend de l’ampleur, la déforestation planétaire s’accentuera (particulièrement en Amazonie), l’érosion s’aggravera emportant avec elle un nombre croissant de terres arables et l’eau douce, déjà considérée comme une ressource en danger sur l’ensemble du globe, se fera de plus en plus rarissime au détriment des démunis du globe car il faut 4.000 litres d’eau pour créer un litre de bioéthanol. Par ailleurs, les prix des produits agricoles exploseront, tout comme celui de l’eau, rendant ainsi de plus en plus inaccessibles ces ressources pour une grande partie de l’humanité souffrant de la famine.

Les biocarburants sont peut-être moins polluants, mais les impacts écologiques résultants de leur production n’en font pas une solution viable à long terme car trop coûteuse en ressources naturelles.

Les compagnies pétrolières et les constructeurs automobiles appuient tacitement la nouvelle mode de cette énergie « verte », car elle permet de faire perdurer les voitures à explosion au lieu de migrer vers des nouveaux moteurs à énergies renouvelables qui leur profiteraient moins financièrement.


Article trouvé sur l'excellent média citoyen québécois


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