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dimanche 10 juin 2007

Big Business et l'approche fasciste/ terreur


Big Business et l'approche fasciste/ terreur


Voici deux excellents articles qui documentent comment Big Business aime s'allier avec des régimes totalitaires fascistes pour maximiser son profit et pouvoir, comme dans le cas de la General Motors qui a activement supporté Hitler et le régime nazi durant toute la guerre, et comment Chiquita, ou la United Fruit Company n'a jamais hésité à utiliser la terreur et des esquadrons de la mort pour protéger ses intérêts financiers en Amérique du Sud. N'oublions pas qu'on ne peut parler de fascisme sans parler de capitalisme. Leus deux sont intimement liés.


Hitler's Carmaker: The Inside Story of How General Motors Helped Mobilize the Third Reich

by Edwin Black


Global Research, May 5, 2007

HNNHistory News Network


General Motors World, the company house organ, covered the May Day event glowingly in a several-page cover story, stressing Hitler´s boundless affinity for children. "By nine, the streets were full of people waiting to see Herr Hitler go meet the children," the publication reported.

The next day, May 2, 1934, after practicing his Sieg Heil in front of a mirror, Mooney and two other senior executives from General Motors and its German division, Adam Opel A.G., went to meet Hitler in his Chancellery office. Waiting with Hitler would be Nazi Party stalwart Joachim von Ribbentrop, who would later become foreign minister, and Reich economic adviser Wilhelm Keppler.

This was, after all, a meeting about business — one of many contacts between the Nazis and GM officials that are spotlighted in this multipart JTA investigation that scoured and re-examined thousands of pages of little-known and restricted Nazi-era and New Deal-era documents.

This documentation and other evidence reveals that GM and Opel were eager, willing and indispensable cogs in the Third Reich´s rearmament juggernaut, a rearmament that, as many feared during the 1930s would enable Hitler to conquer Europe and destroy millions of lives. The documentation also reveals that while General Motors was mobilizing the Third Reich and cooperating within Germany with Hitler´s Nazi revolution and economic recovery, GM and its president, Alfred P. Sloan, were undermining the New Deal of Franklin D. Roosevelt and undermining America´s electric mass transit, and in doing so were helping addict the United States to oil.

For GM´s part, the company has repeatedly declined to comment when approached by this reporter. It has also steadfastly denied for decades — even in the halls of Congress — that it actively assisted the Nazi war effort or that it simultaneously subverted mass transit in the United States. It has also argued that its subsidiary was seized by the Reich during the war. The company even sponsored an eminent historian to investigate, and he later in his own book disputed many earlier findings about GM´s complicity with the Nazis. In that book, he concluded that assertions that GM had collaborated with the Nazis even after the United States and Germany were at war "have proved groundless."


United Fruit : des bananes, des avocats et des mitrailleuses

par Roberto Bardini


Mondialisation.ca, Le 23 mai 2007

Bambu Press

Créée en 1899, la compagnie bananière United Fruit s'est établie dans environ une dizaine de pays du continent. Les pionniers de l'empire de la banane ne furent pas des économistes, ni des comptables, ni des administrateurs d'entreprise ni encore moins, des philanthropes. C'était des spéculateurs, des aventuriers et des débrouillards disposés à s'enrichir par tout moyen.

En 1899 il chercha des associés et fonda à Boston l'United Fruit Company, la compagnie bananière la plus grande du monde, avec des plantations en Colombie, au Costa Rica, à Cuba, au Honduras, en Jamaïque, au Nicaragua, au Panamá et à Sain- Domingue. En peu de temps il devint propriétaire de 10% du territoire costaricain et se fit connaître comme « le roi sans couronne d'Amérique centrale ».

En 1928 la United Fruit Company était depuis trois décennies en Colombie et bénéficiait de l'absence de législation du travail. Le 6 décembre de cette année-là, après près d'un mois de grève, trois mille travailleurs de l'entreprise se réunirent près de la station de train de Ciénaga, dans le département de Magdalena, dans le nord du pays. La rumeur avait couru que le gouverneur allait venir pour écouter leurs réclamations. Le fonctionnaire ne vint jamais et ils furent criblés de balles. A la demande de la compagnie bananière l'armée avait encerclé le lieu. Le général commandant donna cinq minutes à la multitude pour se disperser. Passé ce délai, il ordonna à la troupe de tirer. Selon le gouvernement, « neuf révoltés communistes » moururent. Cependant, le 29 décembre 1928, le consul usaméricain à Santa Marta envoya un télégramme à Washington dans lequel il indiquait qu'il y avait entre 500 et 600 victimes. En janvier de l'année suivante, le diplomate informa que le nombre de morts était supérieur à mille et mentionnait comme source le représentant de la United Fruit à Bogotá.

La propriété de la terre cultivable est détenue à 75% par 2% de la population, et dans ce scandaleux pourcentage, la United Fruit possède la majorité. Il y avait longtemps déjà que Keith considérait le Guatemala comme sa « République bananière ». Les habitants d'Amérique centrale et des Caraïbes doivent lui être reconnaissants pour la dénomination.

En 1952, quand le président Jacobo Arbenz tenta de réaliser une prudente réforme agraire au bénéfice de 100.000 familles paysannes, la United Fruit, sachant que cela mettrait fin à ses privilèges, se mit en marche pour l'éviter. La solution était à Washington. Un des actionnaires de la firme est secrétaire d'État du président Dwight Eisenhower : il s'agit de John Foster Dulles, qui était aussi l'avocat de Prescott Bush, le grand-père du président George W. Bush. Son frère cadet, Allen Dulles, fut le premier directeur civil de la CIA.


Sous le prétexte du « danger communiste » au Guatemala, les frères Dulles font faire le sale boulot à la United Fruit. Le 27 juin 1954, une force militaire dirigée par le général Carlos Castillo Armas -qui part des champs bananiers de l'entreprise au Honduras- envahit le pays. Des pilotes usaméricains bombardent la capitale. Arbenz est renversé et s'exile au Mexique. Douze mille personnes sont arrêtées, plus de 500 syndicats sont dissous et deux mille dirigeants syndicaux quittent le pays.

La Chiquita Brands réalise son dernier scandale en Colombie, où il est prouvé que depuis 1997 elle a payé des paramilitaires pour éliminer des dirigeants paysans et syndicalistes « gênants ». Elle s'est retirée du pays en 2004 et début avril de cette année elle a été condamnée à une amende de 25 millions de dollars par une Cour usaméricaine, après avoir admis avoir payé 1.7 millions de dollars à Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) en échange de sécurité.

L'histoire de l'United Fruit-United Brands-Chiquita Brands est quasi interminable. Mais elle peut se résumer en une phrase du Parrain de Mario Puzo : « Une douzaine d'hommes avec des mitrailleuses ne sont rien face à un seul avocat avec un portefeuille plein ». Tout au long ce ces 108 années, l'empire bananier a eu recours au service des uns et des autres.


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